Anosmie au Japon

Après l’Inde, c’est toute une rééducation olfactive qu’il faut mettre en place : étalonner son nez, s’habituer à ne plus sentir les puissantes odeurs d’égouts et de curry, alternances de notes délicieuses et d’odeurs pestilentielles…

C’est d’autant plus un choc que le Japon sent très peu. Atterrir dans ce pays après six semaines très odorantes, c’est comme plonger dans une bulle inodore.

Dans la rue, sur les gens, seulement quelques traces d’effluves… à nous de redécouvrir le raffinement,  il faut chercher les odeurs et ne plus les subir. Même Tsukiji, le marché aux poissons le plus grand du monde ne sent pas car tout y est emballé !…

Faire l’expérience d’un onsen (bain public japonais) est une bonne introduction à la propreté legendaire du pays.

Par une belle après midi de typhon (#22 de son petit nom), nous sommes allés dans ces grandes institutions dont les Japonais raffolent après une randonnée non loin du mont Fuji. Deux espaces non mixtes cohabitent côte à côte, j’ai donc eu la chance d’avoir 2h pour moi, mes deux garçons faisant l’expérience avec leur papa.


Une douche que l’on prend assise dans des petits boxes, séparés par des petits panneaux, permet de nous récurer avant d’entrer dans les bains. Ici les savons sont généreux, partout des distributeurs procurent gels douche, shampoing et démêlant (souvent Shiseido) qui moussent beaucoup plus qu’en France. Je crois que je n’ai d’ailleurs jamais eu les cheveux aussi doux qu’au Japon. 


Pas de pudeur ici, les femmes aux corps lisses passent d’un bain à un autre, une micro serviette sur la tête, riant entre elles ou jouant avec leurs petits enfants. Différents bains sont accessibles : bains à bulles, bain à eau froide, riche en minéraux : soufre, fer, ou vanadium ; sauna, enfin un bain en plein air permet de profiter d’un petit jardin zen (et vivifiant, il neigeait !). 


Une fois le bain terminé, rdv à l’étage dans la pièce de relaxation pour admirer la vue sur le mont Fuji en kimono.

J’ai donc senti assez peu de parfums ici, effectivement les japonaises (et encore moins les japonais) se parfument très peu. 


Colognes, notes fleuri-vert, j’ai trouvé parfois quelques bois ambrés doux (sur des femmes) mais c’est tout ! Rien de gourmand, bref la vie est vraiment belle ici !… Il faut s’approcher des femmes pour sentir leur nuque ; et c’est un vrai bonheur de suivre les japonaises en kimonos pour saisir la délicatesse de leur odeur. Un parfum trop puissant serait considéré comme vulgaire m’explique Yaé, responsable marketing chez Robertet Japon. La séduction n’est pas un argument ici, où la femme est restée une femme enfant. Il faut savoir que contrairement à la France, où le parfum est lié à la mode et est donc un accessoire de luxe, le parfum est entré sur le marché japonais par les cosmétiques et a donc plus une vocation de bien-être.

Femme enfant ? C’est vrai qu’on est assez surpris de ce qu’on peut voir dans la rue : des déguisements complets Pikachu aux oreilles de Mickey portés fièrement à tout âge, (je m’imagine assez mal faire ça à 40 balais…), des publicités assez criardes dans les magasins de maquillage, des accessoires improbables… 


 

Donc beaucoup de choses ludiques, voire kawaï mais assez peu sensuelles. La lessive ? Peu parfumée, un rayon cheveux très important bp de produits coiffants et soins plutôt parfumés, et très peu de déodorant, le seul que j’ai trouvé est un petit stick crème neutre qui sent un peu le camphre… (bof).

Il existe pourtant un intérêt pour les parfums d’ambiance, à voir le nombre de lieux parfumés et le goût historique des japonais pour le Kodo (voir l’article « écouter l’encens« ).

La jeune génération qui voyage, et consomme des objets de luxe sera-t-elle plus ouverte aux fragrances ?  

Mais soyons prudents, amis parfumeurs, ce n’est malheureusement pas à travers un masque qu’on peut apprécier vos belles créations.

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