Fragolane®, Symrise (molécule)

Je ne suis pas radine, mais il y a 2 choses dans la vie que j’économise de façon ridicule :

– les mouchoirs : étant allergique, ma consommation est énorme et j’ai la fâcheuse tendance à les faire sécher pour les réutiliser au lieu de les jeter, pour le plus grand bonheur de mon entourage.

– les chewing gums ! Petite, je pouvais pouvais tenir 3-4 jours en découpant une tablette. Et bien sûr, je les gardais en bouche toute une journée, en prenant bien soin de le mettre sur un côté de mon assiette à midi… Bref, quand je prends un malabar, je suis bien frustrée par la disparition rapide du goût. Avez-vous remarqué comme on s’énerve vite avec un malabar tout mâché ? Au bout d’une heure, ça fait mal à la mâchoire, tellement on l’a mastiqué dans tous les sens !

Si cette impression avait une odeur, ce serait le Fragolane® : une odeur de fraise/mentholée mais assez timide comme un chewing gum tout passé. Il y a quelquechose de vert aussi, comme une pomme grany smith. En fond, il devient presque aromatique comme une menthe citrata.

Un parfum de régression…

Hedione®, Firmenich (molécule)

Lorsque j’ai du mal à m’endormir, je ne compte pas les moutons, ni les tonnes de CO2 qu’on dégage, mais je m’imagine marcher dans des dunes de sable. Je fais le vide en me projetant dans un paysage neutre, vide… plein de vide, des milliers de grains de sable à perte de vue. Une unité de néant, où on se sent bien car rien ne vient perturber nos sens, rien ne saute aux yeux.

J’ai exactement cette impression de bien-être en sentant l’hedione. Je sais, c’est très curieux comme association d’idée mais je l’ai toujours assimilée à des dunes. Une matière neutre, douce, qui inspire l’harmonie, pourtant pas de note « sable » dans l’hédione, plutôt un jasmin tout doux, (on l’appelle parfum jasmin d’eau, ou jasmin transparent), ronde, fraîche, dénuée de note animale. Ses qualités de ténacité et sa rondeur en font une des matières les plus utilisées, pas étonnant que certains parfumeurs diluent leurs matières premières dedans. Elle mérite pourtant plus que d’être la matière bouche-trou pour compléter la formule d’un parfumeur en manque d’inspiration : » ah mince, il me manque 100 pour arriver à 1000, allez un peu plus d’hédione, ça fait pas de mal ! »

Et si on remplaçait la lavande par quelques gouttes d’hedione sur l’oreiller… Le Lexomil aurait du souci à se faire…

Azarbre®, Quest/Givaudan (molécule)

C’est drôle comme la mémoire peut nous jouer des tours… Lorsque j’ai senti cette matière, j’ai tout de suite pensé à la maison de ma grand-mère en Bourgogne, je me revoyais avec mon frère mais incapable de dire pourquoi… Alors j’ai tatonné : ça fait poussiéreux, iris … Des vieux rideaux de velours ? mouais … mais il n’y a pas que ça : une odeur camphrée, renfermée, une cave  ? Mais non, je n’avais pas de cave à Leugny… Il y a aussi quelquechose d’animal : comme une selle de cheval, ou plutôt une brosse à cheval, l’odeur du crin de cheval… Ah, là je sens que je me rapproche … Sauf que j’ai rarement fait du cheval là-bas ! Et tout à coup, ça y est, lumière, ça m’est revenu : l’odeur de la paille dans la cage à lapin ! Je me revois en train de « chopper » le pauvre lapin par le cou pour le humer avant de faire une partie de billes avec ses crottes… Je devais avoir 5 ans… Merci petit Azarbre de m’avoir rappelé ce souvenir d’enfance !

Et en parfum ? … Il peut souligner les ionones en apportant une touche boisée…Par contre, qu’est-il devenu ? Est-ce que Givaudan l’a repris ou a un équivalent ? Quelqu’un sait ?

Cape Snow Bush®, Robertet (spécialité)

Alors, là voilà une matière curieuse … Rien que le nom … qui ne me parle pas des masses ! Mais quand je vois qu’on le classe en fruité ??? je cherche toujours le fruit … Une pomme ? très vieille alors, non ? Moi je le sens plutôt très camphré, résiné, comme un bonbon des Vosges, il a cette note sucrée, miellée lorsqu’une aiguille de pin a trop longtemps pris le soleil et qu’il dégage des notes aromatiques caramélisées… Puis arrive quelquechose de caoutchouc, un 4×4 qui déboule dans une pinède ? En fond, il devient très poudré poussière, avec une petite acidité (verveine ?) et encens…

Aquanal®, Quest (molécule)

Cornichons, concombre, petits oignons blancs au vinaigre et pastis … Ah là là, tout appelle à l’apéro ! … On se croirait sur le vieux port de Marseille, on entend les mouettes, il fait beau. On a à la fois les embruns iodés de la mer et les vapeurs anisées d’un pastis aux glaçons. L’Aquanal® est à la fois aromatique, marin, voire aqueux mais avec du fond : des bois comme un tonneau balloté par la mer. Hum, ça me donne envie de saucisson ça !…

A essayer dans un parfum masculin, ça serait génial avec un vetiver, pour un effet Kenzo Homme.

Lemonal, Synarome, (molécule)

Un splash de Lemonal et ça repart ! C’est le geste de la lingette rafraîchissante Air France qu’on nous distribue après le repas pour nous réveiller !… Un effet limette, citronnelle citronné. Cette matière apporte certainement beaucoup de puissance et un départ très vif.

Cantryl®, Symrise, (molécule)

Sentir le cantryl m’amène directement en Chine : au fin fond d’un entrepôt de meubles : on y retrouve une note poussière, renfermée, l’effet boisé d’une vieille armoire de mariage avec en plus un véritable accent aromatique, camphré qu’on pourrait aussi retrouver dans une vieille herboristerie présentant des bocaux d’hysope ; un effet épluchure de carottes à la fois frais et terreux.

Il peut apporter beaucoup de sensualité (certains d’ailleurs le trouvent épicé cumin) et d’exotisme

Benzoate de linalyle, Givaudan, (molécule)

Il faut vite sentir cette note avant qu’elle ne s’échappe. Un petit air d’exotisme vous envahit : des notes vertes de jardin tropical, de feuilles froissées, de terre humide, d’ anti-moustique (effet linalol), d’ épluchures de carottes, une note légume comme celle que l’on retrouve dans les savons de colo. Le fond part assez vite, dommage, mais laisse un très léger effet Sandela®.

Le fournisseur indique qu’il peut être utile dans une tubéreuse, étonnant au départ mais peut apporter son côté terreux …

Rue, Esencias Lozano (essence)

Une matière trompeuse : une odeur de poire, un côté très vert tige et pourtant c’est un aromate ! Cette jolie matière évoque le trou normand : une odeur assez féminine en somme car elle évoque une compotée d’ananas-pomme-rhubarbe-poire assez fraîche, printanière, un petit effet feuillage vert. Sur la fin l’effet rhubarbe peut être un peu strident.

Peut être une bonne alternative pour égayer le coeur d’un parfum trop terne !

Shiso, Robertet (essence)

Voilà une odeur qui ne laisse pas indifférent : déjà par sa puissance, puis par sa complexité : une délicate note de mimosa … amandé. Un effet cinnamique (le côté frais de la cannelle sans tomber dans la gourmandise) qui peut lui conférer un aspet chimique. Enfin, une vraie fraîcheur verte, râpeuse et mentholé.

Le Shizo est aussi appelé le basilic japonais. Une fois, une japonaise nous en avait ramené pour qu’on le sente en vrai, ils le mettent sur la soupe ! Curieux mais tellement exotique ! …