Hedione®, Firmenich (molécule)

Lorsque j’ai du mal à m’endormir, je ne compte pas les moutons, ni les tonnes de CO2 qu’on dégage, mais je m’imagine marcher dans des dunes de sable. Je fais le vide en me projetant dans un paysage neutre, vide… plein de vide, des milliers de grains de sable à perte de vue. Une unité de néant, où on se sent bien car rien ne vient perturber nos sens, rien ne saute aux yeux.

J’ai exactement cette impression de bien-être en sentant l’hedione. Je sais, c’est très curieux comme association d’idée mais je l’ai toujours assimilée à des dunes. Une matière neutre, douce, qui inspire l’harmonie, pourtant pas de note « sable » dans l’hédione, plutôt un jasmin tout doux, (on l’appelle parfum jasmin d’eau, ou jasmin transparent), ronde, fraîche, dénuée de note animale. Ses qualités de ténacité et sa rondeur en font une des matières les plus utilisées, pas étonnant que certains parfumeurs diluent leurs matières premières dedans. Elle mérite pourtant plus que d’être la matière bouche-trou pour compléter la formule d’un parfumeur en manque d’inspiration : » ah mince, il me manque 100 pour arriver à 1000, allez un peu plus d’hédione, ça fait pas de mal ! »

Et si on remplaçait la lavande par quelques gouttes d’hedione sur l’oreiller… Le Lexomil aurait du souci à se faire…

Rue, Esencias Lozano (essence bio)

Hum, une matière naturelle qui stimule les papilles, c’est rare ! Une note très printanière et gaie : verte, fraîche. C’est la note de fraîcheur saine qu’on apprécie lorsque par exemple dans un mariage on tombe sur une vraie salade de fruits frais au milieu de petits fours trop gras : ananas, pomme, rhubarbe, et une dominante de poire : on a vraiment l’impression de croquer dans une poire et sentir les petits grains dans la bouche, le jus couler le long de la joue. Il y a quelquechose aussi de très féminin, et vert, (feuillage vert ou un galbanum très vert fluo)… et en plus c’est bio!…

Stemone, Givaudan (molécule)

Il y a presque 15 ans, mon mari m’avait offert le Nez du Vin ! C’était un beau cadeau pour un étudiant à l’époque, j’en étais folle, je ne connaissais pas encore toutes les qualités de matière, du coup je trouvais ça génial… Jusqu’au jour où les flacons ont commencé à s’évaporer, dont celui du bouchon… embaumant mon petit salon parisien d’une délicieuse odeur de moisi…

Quand je sens la Stemone, je retrouve immédiatement cette impression de rentrer dans une cave un peu humide (un peu comme mon ex chez moi ah ah) avec des notes vertes en plus, entre les tonalités d’un galbanum râpeux et de triplal gazon, un côté frais que donne un effet camphré.

La Stemone permet de donner un côté très naturel à des notes de fleurs comme le muguet ou vertes comme la feuille de  figue, de tomate, et le bourgeon de cassis.

Zestal, (molécule)

Encore une matière qui évolue beaucoup, comme le temps en ce moment  !…Grr…

Un départ très piquant, poivré, baies roses, poivre vert, assez acide, si c’était un son, ce serait bien aigu ! Une couleur : un vert anis fluo ? Puis arrive une drôle d’odeur de gaz, ou de pétrole, qui vire un peu au pamplemousse amer. Enfin, il se transforme en encens, élémi. Et par contre, le soir, eh eh, il sent plus rien !… Bref, il peut être intéressant pour apporter une tête fusante, mais faut pas trop compter sur lui dans le temps…

Nonadiénol 2-6, Givaudan, (molécule)

Avez-vous déjà senti une odeur qui vous soulève le coeur au premier nez ? Et bien sentez celle-ci, c’est radical !… Moi j’ai la langue qui se gonfle rien qu’à sentir cette odeur de chien mouillé qui a batifolé dans la vase ! Elle a cette note marine, aqueuse, concombre sale qu’on peut aussi sentir dans l’algol ; avec en plus un effet métallique, strident, ultra puissant qui nous repousse car trop électrique ! Un vrai bonheur, hum, femme enceinte, s’abstenir ! Et ce qu’il y a de formidable c’est que même le souvenir de cette odeur suffit à me rendre vaseuse… berp !

En composition, il est intéressant pour booster les notes vertes et apporter de la fraîcheur (une fraîcheur assez insolite certes !)

Néo Buténone Alpha, Firmenich (molécule) ou Galbanum Kétone

Pas très vert pour un galbanum… J’ai plus l’effet râpeux que l’odeur du galbanum. Quand on sent cette molécule, c’est une super puissante odeur d’ananas métallique et aldéhydé qui nous prend au nez, teintée de sueur, d’odeur de plastique froid. J’ai l’impression de sentir 2 aimants qui se repoussent, ça pique ! et waouh, ça tient … pas question d’oublier sa touche sur le bureau, non non non !

Vers la fin, on a toujours cet effet plastique mais plus poudré. L’effet vert doit arriver en composition, sur une note florale en toute petite quantité.

Rue, Esencias Lozano (essence)

Une matière trompeuse : une odeur de poire, un côté très vert tige et pourtant c’est un aromate ! Cette jolie matière évoque le trou normand : une odeur assez féminine en somme car elle évoque une compotée d’ananas-pomme-rhubarbe-poire assez fraîche, printanière, un petit effet feuillage vert. Sur la fin l’effet rhubarbe peut être un peu strident.

Peut être une bonne alternative pour égayer le coeur d’un parfum trop terne !

Shiso, Robertet (essence)

Voilà une odeur qui ne laisse pas indifférent : déjà par sa puissance, puis par sa complexité : une délicate note de mimosa … amandé. Un effet cinnamique (le côté frais de la cannelle sans tomber dans la gourmandise) qui peut lui conférer un aspet chimique. Enfin, une vraie fraîcheur verte, râpeuse et mentholé.

Le Shizo est aussi appelé le basilic japonais. Une fois, une japonaise nous en avait ramené pour qu’on le sente en vrai, ils le mettent sur la soupe ! Curieux mais tellement exotique ! …