Stemone, Givaudan (molécule)

Il y a presque 15 ans, mon mari m’avait offert le Nez du Vin ! C’était un beau cadeau pour un étudiant à l’époque, j’en étais folle, je ne connaissais pas encore toutes les qualités de matière, du coup je trouvais ça génial… Jusqu’au jour où les flacons ont commencé à s’évaporer, dont celui du bouchon… embaumant mon petit salon parisien d’une délicieuse odeur de moisi…

Quand je sens la Stemone, je retrouve immédiatement cette impression de rentrer dans une cave un peu humide (un peu comme mon ex chez moi ah ah) avec des notes vertes en plus, entre les tonalités d’un galbanum râpeux et de triplal gazon, un côté frais que donne un effet camphré.

La Stemone permet de donner un côté très naturel à des notes de fleurs comme le muguet ou vertes comme la feuille de  figue, de tomate, et le bourgeon de cassis.

Caproate d’Allyle (molécule)

Je ne sais plus dans quel film c’est mais la scène m’a marquée et quand je sens cette matière j’y repense tout de suite :

Des jeunes sont dans un restaurant aux US, et regardent le menu en se demandant soudain : « Mais c’est quoi cette odeur, c’est immonde ? » – « Ah, ça vient du menu ! » Soudain la serveuse vient prendre la commande, récupère le menu… ils réalisent alors d’où vient l’odeur : elle vient de le mettre sous son aisselle !

Et bien le caproate d’allyle pour moi c’est ça : la vieille grosse serveuse qui se néglige (comme les femmes qu’on peut trouver dans les supermarchés l’été dans les villages avec du poil aux pattes et la moustache). Elle arrive pour nettoyer la nappe en lino avec une éponge sale qui a bien moisi et vous propose en dessert des ananas qui se révèlent être des ananas en boîte…

La première impression est terrible ! Après quelques minutes, l’odeur d’éponge moisie disparaît pour laisser une timide odeur d’ananas, un peu cuir, un peu cendrier. Heureusement, ça part vite.

Bon appétit !

Synolide, Synarome (spécialité)

Voilà un musc qui change des autres : un musc un peu sale ! Au départ, on rentre dans une note de terre humide un peu moisie, comme un jardin après une journée de pluie, puis des notes vertes se révèlent : comme des haricots qu’on équeute, des courgettes qu’on épluche. Lorsque l’on patiente un peu, une petite note fleurie apparaît, timide mais présente : poudrée comme un lilas mais toujours aussi terreuse qu’une jacinthe. Enfin, au bout de quelques minutes, plus de doute possible, on rentre bien dans le musc, lacté, doux et rond.

Folrosia®, Givaudan, (molécule)

RDV dans une vieille boutique de tissus moisis ou l’odeur du lino prend le dessus. Le Folrosia a ce côté à la fois renfermé, camphré, (qui rappelle aussi les tapis de sport dans un gymnase) et d’un autre côté elle possède une note détergente :  les toilettes fraîchement récurées, ou le débouche nez Pivalone. Très bonne puissance.

Bien schizo cette rose effectivement !