Hedione®, Firmenich (molécule)

Lorsque j’ai du mal à m’endormir, je ne compte pas les moutons, ni les tonnes de CO2 qu’on dégage, mais je m’imagine marcher dans des dunes de sable. Je fais le vide en me projetant dans un paysage neutre, vide… plein de vide, des milliers de grains de sable à perte de vue. Une unité de néant, où on se sent bien car rien ne vient perturber nos sens, rien ne saute aux yeux.

J’ai exactement cette impression de bien-être en sentant l’hedione. Je sais, c’est très curieux comme association d’idée mais je l’ai toujours assimilée à des dunes. Une matière neutre, douce, qui inspire l’harmonie, pourtant pas de note « sable » dans l’hédione, plutôt un jasmin tout doux, (on l’appelle parfum jasmin d’eau, ou jasmin transparent), ronde, fraîche, dénuée de note animale. Ses qualités de ténacité et sa rondeur en font une des matières les plus utilisées, pas étonnant que certains parfumeurs diluent leurs matières premières dedans. Elle mérite pourtant plus que d’être la matière bouche-trou pour compléter la formule d’un parfumeur en manque d’inspiration : » ah mince, il me manque 100 pour arriver à 1000, allez un peu plus d’hédione, ça fait pas de mal ! »

Et si on remplaçait la lavande par quelques gouttes d’hedione sur l’oreiller… Le Lexomil aurait du souci à se faire…